En médecine esthétique du visage, les injections se font surtout à deux moments différents selon le besoin.
La première situation, c’est quand on veut détendre des rides d’expression comme la ride du lion, les rides du front ou les pattes-d’oie. Là, on parle surtout de toxine botulique. La seconde, c’est quand on veut redonner du volume ou corriger un creux, un sillon, certaines lèvres trop fines ou des joues moins pleines. Là, on parle surtout de fillers, souvent à base d’acide hyaluronique.
Quand est-ce qu’on les fait ?
On les propose quand le défaut gênant est bien identifié à l’examen, après une consultation, et quand le praticien estime qu’une injection est plus adaptée qu’un autre traitement. Pour la toxine botulique, les résultats apparaissent en général en 3 à 7 jours et durent environ 3 à 4 mois. Pour les fillers, l’effet est souvent immédiat ou presque immédiat avec l’acide hyaluronique, et la durée dépend du produit et de la zone, mais les fillers à base d’acide hyaluronique durent souvent 4 à 12 mois.
En pratique, on refait une séance quand l’effet commence à diminuer et que la personne souhaite entretenir le résultat. Pour la toxine botulique, l’American Academy of Dermatology indique qu’on peut refaire le traitement quand les rides ou le problème traité réapparaissent. Pour les fillers temporaires, on les renouvelle en général quand la perte de volume revient.
Comment se passe la consultation avant ?
La consultation sert à vérifier trois choses : ce qui vous gêne, si l’indication est bonne, et si vous avez des facteurs de risque. Il faut signaler au praticien vos maladies, allergies, antécédents d’herpès labial, troubles du saignement, anciens actes esthétiques, médicaments, anti-inflammatoires, aspirine, anticoagulants, vitamines et compléments. Pour la toxine botulique, il faut aussi signaler une grossesse en cours ou un projet de grossesse.
Cette étape est importante aussi pour choisir le bon professionnel. Le NHS recommande une consultation avec la personne qui fera le geste, en demandant son expérience, ses qualifications, les complications possibles, l’après-soin et la conduite à tenir en cas de problème. (nhs.uk)
Comment se déroule la séance ?
La séance se fait habituellement au cabinet, en une seule visite. Pour les fillers, elle dure souvent 15 à 30 minutes. Avant l’injection, il peut y avoir de la glace, une crème anesthésiante, voire un bloc anesthésique selon la zone, les lèvres étant plus souvent anesthésiées que d’autres régions. Ensuite, le praticien fait une ou plusieurs injections selon le résultat recherché. Une sensation de picotement ou de brûlure légère peut être ressentie.
Pour la toxine botulique, le traitement se fait aussi en consultation, avec reprise des activités courantes juste après dans la plupart des cas.
Et après la séance ?
Après de la toxine botulique, il faut éviter de frotter ou masser la zone injectée et attendre environ 2 heures avant un effort physique important.
Après un filler, on peut généralement reprendre ses activités habituelles, mais il est conseillé d’attendre le lendemain pour le sport, d’éviter le soleil, et de ne pas toucher la zone pendant quelques jours sauf consigne contraire du médecin. Un peu de glace peut être recommandé pour limiter rougeur et gonflement.
Quels effets secondaires sont fréquents ?
Les plus fréquents sont modestes et temporaires : rougeur, gonflement, sensibilité, petite douleur, ecchymose. Avec la toxine botulique, on peut aussi voir un petit mal de tête ou, plus rarement, une faiblesse d’un muscle voisin avec paupière ou sourcil un peu tombant de façon transitoire.
Quels sont les vrais signaux d’alerte ?
Pour les fillers, les complications sérieuses existent même si elles restent peu fréquentes : infection, nodules, réaction allergique, nécrose cutanée, et surtout injection accidentelle dans un vaisseau, qui peut entraîner atteinte visuelle, cécité ou AVC. Il faut consulter en urgence en cas de douleur intense inhabituelle, peau qui blanchit ou devient violacée/noire, trouble visuel, faiblesse d’un côté du corps, ou aggravation rapide.
Pour la toxine botulique, des signes comme une difficulté à parler, avaler ou respirer sont considérés comme très rares mais nécessitent une prise en charge immédiate.
Où ne faut-il pas les faire ?
Les fillers et la toxine ne devraient pas être faits dans un cadre non médical. L’AAD déconseille les injections de filler en spa non médical, salon, domicile ou “party”. Le NHS déconseille aussi les événements de groupe, les lieux privés type hôtel/maison et les praticiens qui n’affichent qu’une présence sur les réseaux sociaux.
En Suisse, Swissmedic rappelle que les produits injectables ne sont pas des cosmétiques, que la toxine botulique est un médicament soumis à prescription, et qu’elle doit être utilisée par des professionnels qualifiés ; Swissmedic précise aussi que les esthéticiennes ne sont pas autorisées à utiliser la toxine botulique sous leur propre responsabilité professionnelle.
En résumé, ça se passe généralement ainsi : consultation, vérification des antécédents et du produit, injection au cabinet, retour rapide à la vie normale, puis quelques précautions simples pendant les heures ou jours qui suivent. La grande différence est que la toxine botulique traite surtout les rides dynamiques, tandis que les fillers corrigent plutôt les creux et la perte de volume.
Sites internet à voir :
- JMM Esthétique Montreux
- Matignon – Médecine Esthétique – Lausanne, Genève et Valais
- Chirurgie médecine esthétique Lausanne en Suisse, prix, tarif, consultation

